Rapport d’activité 2019 des Poissons Roses

Rapport d’activité 2019 des Poissons Roses

En vue de l’AG 2020 initialement prévue le 25 avril

Chers amies et amis des Poissons Roses,

En 2018, nous avons installé les Poissons Roses en tant que Plateforme de réflexion de chrétiens, à gauche. Nous avons à ce titre publié plusieurs contributions, sur la famille durable, sur l’Europe et sur la laïcité. Nous avons participé à l’actualité en suivant de près le mouvement des Gilets Jaunes, en participant au Grand débat (sauf erreur, aucune conclusion formelle n’en a été tirée, dommage !), en co-signant l’Appel pour un nouveau christianisme social, en étant présent auprès de nos partenaires. Enfin, nous avons rénové notre site, désormais pleinement opérationnel, et continué à alimenter notre compte twitter, suivi par plus de 2680 followers. La présente newsletter est diffusée par les soins de Patrice Dunoyer de Segonzac  à plus de 1000 personnes.

L’année 2019 a été dominée par plusieurs événements :

Des mouvements sociaux importants, de la réforme du Pacte ferroviaire à la réforme des retraites ; encore inaboutie. Cette dernière réforme nous a laissé un goût amer. Présentée comme une réforme de gauche porteuse d’égalité et de justice, les conditions de sa préparation et de sa mise en œuvre ont créé une telle confusion dans les esprits que ses défenseurs en sont venus à douter de son bien-fondé.

Le débat sur les lois bioéthiques. Nous y avons investi beaucoup de force, dans la foulée de la publication de notre rapport sur « La famille durable, au-delà des fascinations biotechniques » animé  et rédigé par Bertrand du Marais. En juillet, nous avons lancé un Appel national à l’exemplarité, la responsabilité et la cohérence des Ministres et parlementaires en âge de donner leurs gamètes via le support de l’Etablissement public dédié à cette tâche. Présents devant l’Assemblée nationale, en blouses blanches, nous avons interpellé les pouvoirs publics sur le manque prévisible de gamètes et sur les dispositions à prendre pour éviter une « guerre du sperme ». La plupart des observateurs ont compris le côté décalé et humoristique de notre action, qui a attiré à juste titre l’attention sur cet écueil. La presse a largement fait écho à cette initiative qui nous a permis de nous positionner comme un courant de gauche, opposé à l’extension de la PMA, porteur d’arguments spécifiques. Ces arguments, j’ai pu les développer à deux reprises lors des manifestations organisées par le collectif Marchons Enfants. Nous avons pris la décision de rejoindre ce collectif, de telle sorte que la gauche humaniste fasse entendre sa parole. Mes interventions, nos arguments sont postés sur notre site (rubrique Actualité). La crise du Covid-19 me conforte dans notre position. Les lois bioéthiques, par de nombreux aspects, témoignent de la volonté de puissance des humains, prêts à modifier les règles du Vivant pour imposer leur vision. Ces lois, à mon sens, doivent être réexaminées à la lumière de cette crise sanitaire avant d’être soumises à la seconde lecture du parlement.

La préparation des élections municipales. Nous n’avons pas été présents dans ce débat par manque d’effectifs. L’absence de bancs significatifs nous a empêchés d’être acteurs lors de ces élections. Certains, je pense à quelques-uns de nos militants, se sont engagés à titre personnel. Je tiens à les féliciter. Nous avons préféré réfléchir à l’après-municipal en prenant divers contacts. Nous y reviendrons.

Nous avons cherché en 2019 à montrer que, fidèles aux 7 phares mentionnés dans notre manifeste A CONTRE COURANT paru en 2016, nous gardions un regard large sur l’actualité.

Aussi, nous avons finalisé grâce au travail de Michel Simonnet notre rapport sur les Invisibles. Nous avons signé avec les éditions du Cerf un contrat d’édition. Le Cerf vient de nous confirmer que notre « Enquête sur les Invisibles de la République » devrait sortir en juin.

Roland Baillet a par ailleurs accepté d’animer un nouveau groupe de travail sur le thème « Ecologie et Démocratie ». Notre groupe de travail avait commencé ses auditions. Son programme est temporairement suspendu.

Nous avons enfin réfléchi aux conditions de préparation des futures élections présidentielles de 2020. Beaucoup d’entre nous ressentent une déception par rapport aux espérances que le mandat d’Emmanuel Macron avaient fait naître. Le volet de gauche de sa présidence manque. La crise des Gilets jaunes, les mouvements sociaux consécutifs, une attitude générale démontrent, malgré une certaine compréhension des mouvements de fond du monde, une réelle difficulté à entendre la totalité de la Nation et à s’en faire l’écho. Le lancement de la Convention citoyenne pour le climat est une initiative que nous suivons de près. Inédite sur la forme, elle pourrait déboucher sur des propositions majeures. Aussi, dès le début de l’année, nous avons pris des contacts avec nos partenaires naturels. Les Semaines Sociales de France préparent pour leur rassemblement du 28 novembre à Versailles une plateforme orientée vers 2022. Le député PS et ami Dominique Potier, qui anime Esprit civique, a lancé l’idée d’une Troisième gauche qui reste à construire. Le Pacte civique travaille de son côté selon la philosophie impulsée par Jean-Baptiste de Foucault.  Qui ne voit que nous devons unir nos efforts, nos réflexions, nos troupes afin de peser dans les débats à venir ! Notre sentiment est que nous devons dépasser le stade d’une plateforme de propositions soumises aux différents candidats.  Aller plus loin semble indispensable. Cette marche reste à définir avec nos amis, afin d’unir nos forces, sans volonté d’hégémonie mais avec le souci de servir le collectif. Les événements récents  renforcent cette nécessité.

Le début 2020 est en effet marqué par la crise du Covid-19. Il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Sans doute, lors de notre AG, reportée au 17 octobre 2020, pourrons-nous y revenir longuement. La question essentielle se formule ainsi : la collectivité (au niveau du monde, de l’Europe, de notre pays) saura-t-elle infléchir sa voie en tenant compte de cette crise majeure, inédite et révélatrice des impasses de notre modèle de développement ? Ce faisant, saurons-nous collectivement et individuellement changer nos modes de vie pour répondre à la crise climatique qui surplombe celle du coronavirus ?

Les réflexions développées plus haut sur la préparation des élections de 2020 sortent renforcées de cette période. On voit qu’une alternative se dessine : soit le gouvernement semble en mesure de piloter le virage vers un avenir soutenable (nous aurons en octobre de premiers éléments pour en discuter) et nous serons enclins à lui apporter notre soutien afin de peser, à notre mesure, sur les choix d’une future majorité présidentielle ; soit il s’avère nécessaire de bousculer la gouvernance actuelle et nous serons amenés à réfléchir sur la façon de soutenir une nouvelle majorité, éventuellement en apportant notre contribution à une Troisième gauche qui serait en mesure d’éclore, voire en supportant une force politique nouvelle.

La sortie de la crise sanitaire risque de déboucher sur des effondrements économiques et des remises en cause politique dont personne ne perçoit l’ampleur, ni la durée. Partisans d’un retour à la normale et partisans d’un changement radical vont s’opposer. Autant dire que nous sommes devant des mois difficiles et une traversée houleuse. L’image de la barque des apôtres, ballotée par les vents, doit rester présente à notre esprit. Le temps du carême a été très particulier cette année. Les homélies du pape François sont imprégnées d’une recherche de simplicité et de spiritualité. Pâques 2020 aura un écho inédit, soulignant la finitude de notre humanité et la vanité des humains à se prendre pour des dieux. Dans ce contexte, les chrétiens doivent être force d’espérance et contribuer par leurs actions, leur réflexion et leur solidarité à dessiner ce monde meilleur que nous attendons.  Poissons Roses, nous avons à frétiller de toutes nos nageoires pour avancer dans le bon sens.

Prenez soin de vous et de vos proches.

 Portez-vous bien.

Au 17 octobre. Bernard Perret, socio-économiste, spécialiste de René Girard, nous accompagnera le matin dans notre réflexion et nous aidera à regarder loin. L’après-midi, nourris de ces réflexions, nous nous focaliserons sur le court terme.

Patrice Obert

Président

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