Lors de l’université d’automne du 11 octobre 2025, Patrice Dunoyer de Segonzac a introduit l’échange consaré à « la crise écologique : une chance pour la Démocratie »

Ce travail a été conduit par un groupe de Poissons Roses dont les deux principaux acteurs
ont été Patrice OBERT et Roland BAILLET.
« La « crise » écologique s’affirme, année après année comme le défi majeur de notre
humanité ». Si nous parvenons à revenir sans trop de casse vers une utilisation raisonnable
des ressources de notre planète, nous pouvons éviter un effondrement du vivant qui
provoquera à terme notre propre disparition. Malgré de premiers efforts, nous en sommes
très éloignés.
Etant donné les enjeux considérables de cette transformation, Nous nous sommes
demandés quelle organisation institutionnelle et politique serait la mieux adaptée pour
mener ce changement radical ?
Nos sociétés démocratiques, où la décision est lente parce que chaque action est débattue
présente des fragilités qui sont autant d’obstacles à des changements radicaux de nos modes
de vie. La France est bien placée actuellement pour le constater. D’autant qu’il s’agit non
seulement de changements politiques, mais de transformation de nos modes de vie. Or, rien
n’est plus difficile que de modifier les habitudes, tout notre fonctionnement est depuis des
années orienté vers une progression de notre consommation , notre pays enfin n’a pas la
pratique du consensus. Il fonctionne au contraire en s’appuyant sur la lutte des idées et sur
un affrontement Gauche-Droite qui est de plus en plus éloigné de la réalité. Or, sans accord
sur les finalités, l’effort ne peut être accepté par tous.
On peut donc penser qu’un régime autoritaire serait plus à même de prendre les décisions
radicales et douloureuses qui s’imposent. Certains dirigeants autocratiques semblent en
effet capables de prendre des décisions brutales car ils n’ont pas de contre-pouvoirs. C’est le
cas de la Chine qui engage des transformations écologiques rapides. Mais c’est un cas isolé
(ni l’Iran, ni la Corée du Nord, ni la Russie… ne s’en inspirent, au contraire) et les actions en
question sont limitées et mises en avant, alors que la Chine est le principal pollueur mondial
devant les USA. Les Etats-Unis de leur côté s’orientent vers un régime autoritaire et non
démocratique dont le Président est ouvertement hostile à l’écologie.
Le seul espace qui dans le monde, réussit à stabiliser sa consommation d’énergies fossiles
est l’Europe grâce au nucléaire et à un effort continu d’économies d’énergie des entreprises
et des ménages. Mais nous sommes encore loin des infléchissements qui seraient
nécessaires pour atteindre les objectifs des dernières COP.
Pour le moment donc, seules les démocraties montrent leur capacité à orienter ls décisions
politiques relatives à l’écologie dans le bon sens.

Pour progresser il nous faudrait un triple alignement :
1- Aligner les acteurs : citoyens, associations et ONG, les entreprises, le monde agricole.
Pour chacun de ces acteurs, il s’agit d’une véritable conversion. Le citoyen sait que son mode
de vie doit être plus sobre (renoncer à l’hyperconsommation, réduire ses déplacements,
surveiller et réduire son chauffage, modifier son alimentation etc.). Mais il demandera que
les efforts soient équitablement répartis. Cela signifie que les plus riches, qui polluent
beaucoup plus que les plus pauvres (8 fois plus en France) fassent un effort proportionnel.
Le monde agricole doit quitter un mode de production industrialisé qui abuse des intrants de
toutes sortes et détruit la terre et le vivant, au profit de modèles plus raisonnables et moins
destructeurs pour la vie. Leurs organisations et d’abord la FNSEA doivent réorienter leur
politique dans ce sens. Contrairement à ce qu’ils croient ou affichent, ce virage ne devrait
pas compromettre leurs rendements. (cf études INRAE). Les entreprises de leur côté font
d’ores et déjà, accompagnes par l’Etat, un effort significatif, de l’ordre de 103,2 milliards en

  1. Ce chiffre devrait étre doublé pour atteindre plus de 200 milliards d’ici 2030. Or, les
    dépense à l’échelle européenne marquent le pas en 2025.
    2- Aligner les territoires.
    Le local (communes, Département, Régions). Ce niveau est celui de la mise en œuvre des
    actions sur l’environnement. Aux dernière élections, plusieurs grandes agglomérations sont
    tombées dans l’escarcelle de maire écolos. Il leur reste à faire leurs preuves.
    L’Etat en France a fait des annonces fortes au début de l’ère Macron (SFE, ZAN …) mais il a
    bien souvent reculé devant les maires et les lobbys.
    L’Europe est le seul continent à afficher un objectif de neutralité carbone pour 2050. Les USA
    se sont retirés de l’accord de Paris sou le premier mandat Trump puis l’ont réintégré avec Joe
    Biden et en sont sortis à nouveau avec Trump.
    3- Aligner les moteurs : l’Etat, le Droit, la science.
    L’Etat joue un rôle essentiel pour orienter, édicter des normes, financer la transition
    énergétique.
    Le Droit a un rôle essentiel. Il est protégé contre les Lobbies qui sont très présents dans les
    Institutions politiques (Europe, élus des Etats). Ses décisions ne peuvent être différées et
    doivent être appliquées.
    La science est là pour cadrer et fonder la décision.
    Il n’aura échappé à personne que le président TRUMP dans sa croisade anti écologiste
    s’attaque en priorité à ces trois pouvoirs.

Des propositions
Notre rapport se termine par 22 propositions.
J’en retiendrai quatre :

  • Education : Renforcer les formations à l’écologie dans le parcours scolaire et
    universitaire.
  • Réformes institutionnelles : Favoriser les conférences de consensus
  • Dans le domaine fiscal et Financier :instaurer une taxe carbone aux frontières de
    l’Europe
  • Dans le domaine social : garantir aux plus fragiles une sécurité économique et
    sociale pendant la transition écologique.

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